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39h par semaine : 2 jours de RTT par mois, 26 jours par an et les écarts à connaître

Éloïse Brancourt-Lacaze 8 min de lecture
Combien de RTT par mois pour 39h : 2 jours de RTT par mois

Pour un contrat à 39h, on obtient souvent autour de 2 jours de RTT par mois. Le calcul de base part de 4 heures par semaine au-delà de la durée légale de 35h, puis les convertit en jours de repos sur l’année. Selon l’accord d’entreprise, la convention collective, les jours fériés et la durée retenue pour une journée de travail, le résultat peut varier nettement.

La réponse chiffrée : combien de RTT par mois pour 39h ?

Un salarié à 39h travaille 4 heures de plus par semaine que la durée légale de 35h. Si ces heures ne sont pas simplement payées en heures supplémentaires, elles peuvent être compensées par des jours de RTT, selon les règles prévues dans l’entreprise.

Calculateur de RTT

Résultats

Volume annuel à compenser : 0 h
Jours de RTT annuels : 0 jours
RTT mensuels moyens : 0 jours

Formules :

  • Heures RTT annuelles = (Heures hebdo – Heures réf) × Semaines travaillées
  • Jours RTT annuels = Heures RTT annuelles / Durée journée
  • RTT mensuels moyens = Jours RTT annuels / 12

Le calcul couramment utilisé consiste à raisonner sur l’année. Exemple : 4h x 46 semaines = 184h par an. En convertissant ces 184 heures en journées de 7h, on obtient 184 / 7 = environ 26 jours de RTT par an, soit environ 2,16 jours de RTT par mois.

Base de calcul Résultat indicatif
39h par semaine 4h au-delà de 35h
4h x 46 semaines 184h à compenser sur l’année
184h / journée de 7h Environ 26 jours RTT/an
26 jours / 12 mois Environ 2,16 jours RTT/mois

Ce chiffre reste une estimation théorique utile pour vérifier un ordre de grandeur. En pratique, certains salariés à 39h disposent plutôt de 10, 12, 20, 23 ou 26 jours de RTT par an, selon la manière dont les heures au-delà de 35h sont traitées.

Pourquoi le nombre de RTT n’est pas identique dans toutes les entreprises

La RTT n’est pas seulement une opération arithmétique. Elle dépend d’un cadre collectif, comme l’accord d’entreprise, la convention collective, l’organisation du temps de travail et les règles de paie. Deux salariés travaillant tous les deux 39h peuvent donc ne pas avoir le même nombre de jours RTT.

Comprendre la RTT et vos jours de repos en entreprise — Cette page officielle explique la réduction du temps de travail et les règles d’attribution de jours ou demi-journées de repos pour les salariés au-delà de 35 heures par semaine.

Heures supplémentaires payées ou récupérées

Le point décisif est de savoir ce que deviennent les 4 heures au-delà de 35h. Elles peuvent être payées comme heures supplémentaires, compensées en repos, ou réparties entre les deux selon un dispositif mixte. Si une partie de ces heures est déjà rémunérée avec majoration, elle ne génère pas forcément autant de RTT.

C’est l’une des raisons pour lesquelles un salarié peut voir apparaître un contrat à 39h avec un nombre de RTT inférieur à 26 jours par an. Par exemple, un cas réel évoque 10 RTT/an pour 39h dans un environnement Syntec. Ce type d’écart ne signifie pas automatiquement une erreur : il faut regarder l’accord applicable, la paie et la répartition entre paiement et repos.

La convention collective et l’accord d’entreprise

La convention collective peut encadrer les modalités de calcul, mais l’accord d’entreprise joue souvent un rôle central. Il peut fixer un forfait annuel de jours RTT, prévoir des jours imposés par l’employeur, distinguer les cadres et les non-cadres, ou encore prévoir un compteur alimenté progressivement au fil des mois.

Pour vérifier votre situation, les documents à consulter en priorité sont votre contrat de travail, vos bulletins de paie, l’accord RTT ou temps de travail, l’intranet RH le cas échéant, puis la convention collective mentionnée sur votre fiche de paie.

La méthode de calcul à refaire soi-même

Pour contrôler un compteur RTT, le plus fiable est de partir d’une logique annuelle avant de ramener le résultat au mois. La base annuelle légale souvent utilisée comme repère est de 1607 heures. Pour un temps plein classique à 35h, la durée mensuelle de référence est 151,67h.

Étape 1 : identifier les heures à compenser

Dans un contrat à 39h, le différentiel est simple : 39h – 35h = 4h par semaine. Il faut ensuite multiplier ce différentiel par le nombre de semaines travaillées retenu dans le calcul. L’exemple de 46 semaines permet d’obtenir 184h annuelles, car il neutralise notamment les semaines de congés payés.

Attention : toutes les entreprises ne retiennent pas exactement le même nombre de semaines de travail effectif. Les jours fériés, les absences non assimilées à du temps de travail effectif ou une entrée en cours d’année peuvent modifier le résultat. Dans une entreprise, le compteur peut donc démarrer en cours d’exercice, ou être ajusté quand un salarié arrive ou part avant la fin de l’année.

Étape 2 : convertir les heures en jours

Une fois le volume annuel d’heures déterminé, il faut le diviser par la durée d’une journée de travail. Avec une journée de 7h, 184h donnent environ 26 jours. Avec une journée plus longue, par exemple 7,8h, le résultat baisse mécaniquement : 184 / 7,8 = environ 23,6 jours.

C’est pourquoi on rencontre parfois des estimations allant jusqu’à 23 jours RTT/an dans certaines présentations RH, alors qu’un autre calcul aboutit à 26 jours. La différence vient souvent de la valeur attribuée à une journée et des paramètres retenus pour l’année. Le calcul doit donc rester cohérent avec l’organisation réelle du temps de travail.

Un bon calcul de RTT ressemble à un assemblage précis : chaque élément paraît simple, mais le total dépend de la cohérence de l’ensemble. La durée hebdomadaire, les congés, les jours fériés, la valeur d’une journée, les absences et l’accord collectif s’additionnent. Si l’un de ces paramètres change, le résultat final change aussi. C’est ce qui explique qu’un “39h = 2 RTT par mois” soit souvent juste comme repère, mais jamais comme règle absolue sans vérification.

Exemples pratiques selon l’organisation du temps de travail

Le nombre mensuel de RTT est rarement attribué exactement sous forme de 2,16 jours chaque mois. En pratique, l’entreprise peut créditer un compteur annuel, attribuer les jours au fil de l’eau, imposer certaines dates de fermeture, ou distinguer des RTT employeur et des RTT salarié.

Cas classique : 39h sur 5 jours

Dans une organisation à 39h réparties sur 5 jours, le salarié travaille par exemple 7h48 par jour en moyenne. Si l’entreprise convertit toutes les heures au-delà de 35h en repos, on peut approcher les 23 à 26 jours de RTT annuels selon la journée de référence retenue. Rapporté au mois, cela représente environ 1,9 à 2,2 jours.

Cette organisation est fréquente dans les entreprises qui veulent maintenir une amplitude hebdomadaire supérieure à 35h tout en compensant sous forme de repos. Elle suppose toutefois des règles écrites, car les compteurs RTT doivent rester compréhensibles et traçables. Un salarié doit pouvoir suivre le nombre de jours acquis, posés et restants sans ambiguïté.

Cas avec seulement une partie compensée en RTT

Une autre entreprise peut choisir de payer une partie des 4 heures supplémentaires hebdomadaires et d’en convertir seulement une fraction en RTT. Dans ce cas, le salarié peut avoir moins de jours de repos, mais une rémunération plus élevée grâce aux heures supplémentaires majorées.

Ce point est essentiel pour comparer deux offres d’emploi ou préparer une négociation. Un contrat à 39h avec 10 RTT par an n’est pas équivalent à un contrat à 39h avec 23 RTT si le traitement des heures supplémentaires diffère. Il faut comparer le salaire, les majorations, le nombre de RTT, la flexibilité pour les poser et les jours éventuellement imposés.

Comment vérifier si votre nombre de RTT est cohérent

Avant de conclure à une erreur, rassemblez les éléments qui permettent de refaire le calcul. Le bulletin de paie indique souvent la durée mensuelle, les heures supplémentaires, le compteur RTT acquis et pris. Le contrat précise la durée de travail. L’accord d’entreprise détaille les règles de génération et de prise des jours.

  • Vérifiez si votre contrat mentionne bien 39h ou une autre organisation du temps de travail.
  • Regardez si les heures au-delà de 35h sont payées, récupérées, ou partagées entre les deux.
  • Identifiez la base de conversion utilisée : journée de 7h, 7,5h, 7,8h ou autre.
  • Contrôlez si certains RTT sont imposés par l’employeur, par exemple lors de fermetures collectives.
  • Tenez compte d’une arrivée ou d’un départ en cours d’année, qui entraîne généralement un prorata.
  • Comparez votre compteur annuel avec la convention collective et l’accord temps de travail applicable.

Il faut aussi distinguer les RTT des congés payés. Les congés payés sont liés à l’acquisition de droits au repos annuel, tandis que les RTT compensent une durée de travail supérieure à la référence de 35h. Ils peuvent apparaître dans des compteurs séparés et obéir à des règles de pose différentes.

Si votre entreprise annonce un nombre de RTT très inférieur à l’ordre de grandeur attendu, la bonne démarche consiste à demander le détail du calcul au service RH ou à votre manager. Une question simple suffit souvent : “Pouvez-vous m’indiquer quelle part des heures au-delà de 35h est payée et quelle part est convertie en RTT ?” Cette réponse permet de savoir si vos 39h correspondent à environ 2 RTT par mois, à moins de jours mais davantage d’heures payées, ou à un dispositif spécifique prévu par accord collectif.

Éloïse Brancourt-Lacaze
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