La rémunération dans le secteur privé non lucratif évolue pour l’année 2025. La revalorisation de la valeur du point FEHAP constitue un levier direct pour les salaires régis par la Convention Collective Nationale du 31 octobre 1951 (CCN51). Dans un contexte d’inflation et de concurrence avec le secteur public, cette mise à jour tarifaire modifie le bulletin de paie de nombreux professionnels, du personnel soignant aux cadres administratifs.
Nouvelle valeur du point FEHAP : le cap des 4,65 €
La valeur du point est le socle du calcul du salaire de base dans la CCN51. Multipliée par le coefficient propre à chaque métier, elle définit la rémunération brute minimale avant l’ajout des primes et indemnités. Les négociations entre les organisations syndicales et la Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne (FEHAP) ont abouti à une hausse pour 2025.

Depuis le 1er janvier 2025, la valeur du point FEHAP est fixée à 4,65 €. Cette progression représente une augmentation d’environ 2,2 % par rapport à l’année 2024, où le point était établi à 4,55 €. Ce réajustement vise à soutenir le pouvoir d’achat des salariés du secteur privé non lucratif et à limiter l’écart salarial avec la fonction publique hospitalière.
Cette valeur constitue un plancher conventionnel. Certains établissements appliquent des dispositions plus favorables via des accords d’entreprise, mais la majorité des structures se calque sur cette référence nationale pour assurer l’équilibre de leurs budgets.
Impact sur les grilles de salaire CCN51
L’augmentation de la valeur du point entraîne une revalorisation proportionnelle au coefficient de chaque poste. L’impact nominal sur la fiche de paie est donc plus marqué pour les coefficients élevés.
Convention collective FEHAP : vos droits dans le secteur privé non lucratif — Accédez au texte intégral de la convention collective nationale de 1951 régissant les établissements privés de santé à but non lucratif.
Calcul pour les métiers de santé
Le passage à 4,65 € modifie le salaire de base brut selon les coefficients de référence :
Pour un aide-soignant (coefficient 376), le salaire de base brut atteint 1 748,40 €. Comme ce montant reste inférieur au SMIC 2025, fixé à 1 801,80 €, un mécanisme d’indemnité différentielle est appliqué par l’employeur pour garantir le respect du salaire minimum légal.
Pour un infirmier (coefficient 471), le salaire de base brut s’établit à 2 190,15 €. Ce montant est complété par les primes d’ancienneté et la prime décentralisée.
Pour une sage-femme (coefficient 581), la rémunération de base atteint 2 701,65 € brut. Enfin, pour un cadre de santé (coefficient 620), le salaire brut de base se fixe à 2 883,00 €.
Le rôle du coefficient et des compléments
Le salaire CCN51 ne dépend pas uniquement du produit « point x coefficient ». La structure intègre des compléments de métier et des indemnités de spécialisation. La hausse de la valeur du point agit comme un levier sur l’ensemble de la structure, rehaussant la base de calcul des accessoires de salaire proportionnels. Pour les bas salaires, l’effet est toutefois limité par la hausse du SMIC, ce qui pousse les partenaires sociaux à envisager une restructuration des premiers échelons de la grille.
La valeur du point sert de relais entre les décisions budgétaires de l’État, via les financements de l’ONDAM, et la réalité du terrain. Sans ce mécanisme, le secteur privé non lucratif perdrait en attractivité face aux structures publiques.
Primes et indemnités en 2025
La CCN51 maintient son système de primes spécifique, qui reste inchangé malgré l’évolution de la valeur du point. Ces éléments complètent la rémunération globale.
La prime décentralisée, fixée à un taux minimum de 5 %, est calculée sur le salaire brut global. Puisque le salaire de base augmente, le montant de cette prime progresse mécaniquement. Les indemnités pour travail de nuit, de dimanche et de jours fériés sont également impactées si elles sont indexées sur le salaire horaire réel. Les primes forfaitaires, en revanche, restent fixes sauf signature d’un avenant spécifique.
| Métier | Coefficient | Salaire Brut 2024 (4,55 €) | Salaire Brut 2025 (4,65 €) |
|---|---|---|---|
| Agent de service | 340 | 1 547,00 € | 1 581,00 €* |
| Aide-soignant | 376 | 1 710,80 € | 1 748,40 €* |
| Éducateur spécialisé | 479 | 2 179,45 € | 2 227,35 € |
| Infirmier DE | 471 | 2 143,05 € | 2 190,15 € |
| Médecin Chef | 923 | 4 199,65 € | 4 291,95 € |
*Note : Ces montants étant inférieurs au SMIC 2025, un complément de salaire est appliqué par l’employeur.
Contexte des négociations et enjeux d’attractivité
La fixation de la valeur du point à 4,65 € résulte d’un équilibre entre les revendications syndicales et les contraintes budgétaires des établissements. Les syndicats demandaient une hausse plus importante pour compenser l’inflation cumulée depuis 2022 et s’aligner sur les mesures du Ségur de la santé.
La FEHAP, dépendante des financements publics, a obtenu une enveloppe permettant cette hausse de 2,2 %. Bien que jugée insuffisante par certains partenaires sociaux, elle évite un décrochage total de la convention. Le secteur médico-social, confronté à une pénurie de personnel, utilise cette revalorisation pour tenter de maintenir son attractivité auprès des jeunes diplômés.
Les discussions portent désormais sur une refonte de la classification des métiers. L’objectif est de valoriser davantage les compétences et les responsabilités réelles, au-delà de la simple ancienneté, ce qui pourrait entraîner des hausses de coefficients ciblées pour les métiers en tension.
Anticiper l’évolution de son salaire
Pour connaître votre nouvelle rémunération, vérifiez votre coefficient sur votre bulletin de paie. Une multiplication par 4,65 donne votre nouveau salaire de base brut. Si le résultat est inférieur au SMIC, vérifiez la ligne « indemnité différentielle » ou « complément SMIC » sur votre fiche de paie.
Il est conseillé de surveiller la publication des avenants au Journal Officiel. En cas de retard dans l’agrément ministériel, une régularisation peut intervenir sur les mois précédents pour garantir l’application de la valeur de 4,65 € sur l’ensemble de l’exercice 2025. Enfin, n’oubliez pas d’intégrer l’ancienneté, souvent calculée à hauteur de 1 % par an, qui s’applique sur le salaire de base revalorisé.